Bulletin Photograveur mars 2008 N°5

Bulletin Photograveur mars 2008 N°5

 

Édito Par Jean-François Ropert

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C’est la crise. Pour-quoi? Est-ce unélément naturel detype “sociométéorologique”après l’orage, la pluie? Oubien les maux de l’économiesont-ils de nature structurelle?La crise naît d’une orientationqui maximalise le profit au dépend des capacitéshumaines et d’une gestion des entreprises quifavorise le capital et la finance au détriment dutravail. Une rapide photographie du social per-met d’identifier les éléments congruents à cettecrise: chômage de masse, développement del’emploi précaire, réduction des coûts salariaux,diminution de la couverture sociale, systèmefinancier qui favorise un taux de rentabilité àcourt terme et une politique internationale surfond de guerre économique antinomique avec leco-développement.Le diagnostic conjoncturel est éloquent. Il accusesans ambiguïté la logique fondamentale à l’ori-gine des difficultés: le libéralisme économique.Or, des maîtres sages, habitués à discuter dansdes “cercles de la raison”, s’appliquent à laisserpenser qu’il existe un milieu libéral, où la maininvisible manie loi du marché et développementde l’existence des peuples. Ce sont les mêmes quiacceptent la voie non démocratique de la ratifica-tion du traité européen favorable à la mondialisa-tion libérale.Bien évidemment, écrire qu’il faut rompre avecle libéralisme économique et avoir pour ambitionle progrès et la solidarité en France comme dansle monde est chose aisée. J’entends déjà : “oui, mais les coûts de production”; “utopie”pour les uns, “idées archaïques” pour les autres.La mobilisation est doncun enjeu crucialLe fatalisme, ennemi de la mobilisation, gagnedu terrain et ce, même dans les rangs du syndi-calisme.Pourtant, les rapports de forces représentent tou-jours un atout déterminant pour modifier leschoix de politique économique et orienter la ges-tion des entreprises au service de la population.La mobilisation est donc un enjeu crucial. Cela sug-gère la construction d’un rapport collectif et d’unlien solidaire du tissu productif au-delà du seul péri-mètre du lieu de production.Or, la mise en place de rapports de forces collec-tifs est mise à mal par la pratique de fusions,d’acquisitions, d’externalisations, de filialisa-tions et de délocalisations.L’exigence d’employabilité, de compétitivité etde rentabilité des sociétés mères aux entreprisesqui leur sont subordonnées économiquement ato-mise les collectifs et exerce une pression tyranni-que sur l’individu et le travail.La politique de gestion des ressources humainesest celle de l’individualisation des contrats detravail, des rémunérations, et des évolutions decarrière.La stratégie est de mettre en concurrence les sala-riés d’une même unité de production, des filiales,des oligopoles différents.En proposant un plan de départs volontaires eten ciblant la SGF, la gouvernance du Figaroapplique cette logique de pousser les travail-leurs des autres entités du groupe au repli dansleur établissement. La stratégie de la directiondu groupe EBRAest de même nature: opposerles salariés des DNAà ceux de l’Est républicain.Un syndicalisme qui a la capacité de rassembler et d’unirFace à cette situation, le syndicalisme est placé àla croisée des chemins. Celui de droite, qui consi-dère que la création d’une myriade de petits syn-dicats sectoriels est propice au travail de cohé-sion. Le chemin de gauche, celui d’unsyndicalisme qui a conscience d’un intérêt com-mun d’être et d’agir ensemble; un syndicalismeen prise avec les nouvelles organisations des“entreprises réseaux” qui abolissent les frontièresen mêlant les travailleurs d’industrie et services,les salariés à statut, les précaires, les intérimaires;un syndicalisme qui a la capacité de rassembleret d’unir; un syndicalisme qui permet de gagneren efficacité.C’est cette voie que le SGLCE a décidé d’em-prunter. Les photograveurs du SGLCE, en pre-nant la double appartenance au SNJ-CGT, ontconscience que seul l’établissement de relationsunitaires et non concurrentielles entre les syndi-qués et les syndicats est la condition sine qua nonà la mobilisation, au rapport de forces et à la syn-dicalisation. Au quotidien, dans les entreprises,ils travaillent à cet effet. Le dossier central de cenuméro en donne quelques exemples.

 

Sommaire

Page 1 : L’édito de Jean-François Ropert
Pages 2 à 4 : Le Grand Dossier
Page 5 : Activitée syndicale
Pages 6 et 7 : La vie des entreprises
Page 8 : Le billet de Gilbert

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