Bulletin Photograveur mars 2007 N°2

Bulletin Photograveur mars 2007 N°2

 

Édito Par Jean-François Ropert

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En vérité, l’année 2007sera bonne si on fait une RUPTURE TOTALE et surtout pas de continuité… M. Serge DASSAULT, en présentant ses meilleurs vœux dans Le Figaro, sonne l’heure de la révolte. Le reste de son texte s’aligne en toute logique sur le message du vibrionnant SAR-KOZY… Car le chouchou de Doc Gynéco et de Johnny l’helvète, ministre de l’Intérieur, des Finances à Bercy puis un «come back» place Beauvau comme dirait son ami Bush, prône aussi une politique de rupture. «J’ai changé parce qu’on change forcément quand on est confronté à l’angoisse de l’ouvrier qui a peur que son usine ferme», déclare le banlieusard de Neuilly-sur-Seine. Pour ce faire, le candidat de l’UMP s’entoure de conseillers qui symbolisent cette volonté de changement. Qui, parmi cette famille d’anciens hauts dignitaires de l’État, incarne le plus la rupture ? BALLADUR, ancien Premier ministre, géniteur entre autres de la réforme sur le régime général des retraites en 1993, et précurseur du CPE en tentant d’instaurer le CIP (smic-jeunes) en 94 ? FILLON, ancien ministre du Travail et des Affaires sociales qui a prolongé à la fonction publique la réforme Balladur et dont le programme en matière de législation sociale et de politique de l’emploi est de tailler dans l’ensemble des contrats aidés dans le secteur public et associatif, de s’attaquer aux « entraves » au licenciement et aux 35 heures, de combattre le chômage en exonérant davantage les entreprises de cotisations sociales et en pressant les chômeurs d’accepter toutes sortes de petits boulots? Un modèle condensé de l’ordre libéral… RAFFARIN, ancien Premier ministre? Est-il réellement nécessaire de présenter son bilan social ? D’autres noms allongent la liste des soutiens de celui qui navigue dans les eaux troubles de la xénophobie du Front national: JUPPÉ, DEVEDJIAN ; DE ROBIEN, PERBEN… tous d’anciens lutteurs de la… «Fracture sociale». L’incertitude plane sur le positionnement de celui qui fut secrétaire d’État en 19…59, avant d’être quinze ans plus tard président de la République ; Valéry GISCARD D’ESTAING préfère-t-il, au favori de Steevy, le ministre de l’Education nationale du gouvernement Balladur. Le professeur du centre-droit BAY-ROU qui réussit l’exploit de faire descendre dans la rue plus d’un million de personnes pour défendre l’école laïque contre sa loi. En revanche, pas d’ambiguïté sur les faveurs de Mme PARISOT et du MEDEF. La confiscation du débat politique par les médias au profit de l’infocom place la candidate sociale libérale comme seule alternative. Une candidate qui se réclame des valeurs de la gauche politique mais paraît disposée à tous les compromis avec les dogmes d’économie libérale.DES GENS QUI SOUFFRENT Pourtant, il existe dans notre pays des millions de gens qui souffrent et qui expriment leur opposition à cet avenir de régression et d’insécurité sociales. Ils ont manifesté leur colère dans les urnes au moment du référendum sur la Constitution européenne ou sur le «pavé» contre le CPE. Mais attention, il ne suffit pas de brandir l’étendard d’une gauche antilibérale et de crier son indignation pour ensuite s’enfermer dans l’unique protestation qui mène rapidement à la résignation. Face au marketing politique, il est nécessaire de faire vivre une gauche de «responsabilité et de combat» qui met au cœur de son projet politique les aspirations sociales, la dignité de l’être humain, notamment, en mobilisant autrement l’argent pour donner à chaque citoyen les moyens de choisir sa vie, une vie décente. A moins de quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle, portons ensemble l’ambition de la transformation sociale.

 

Sommaire

Page 1 : L’édito de Jean-François Ropert
Pages 2, 3, 4 et 5 : Le Grand Dossier
Page 6 : Brèves
Page 7 : Formation professionnelle
Page 8 : Le billet (trop long) de Gilbert

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