Coronavirus, préparer « l’après-guerre »

Les sentiers du profit

Depuis plusieurs semaines maintenant, les journaux télévisés et les chaînes « d’information » en continu ne manquent pas d’imagination pour nous faire vivre la « guerre » contre le coronavirus. Images de concerts de casseroles, footballeurs appelant à rester chez soi depuis leurs résidences grandioses, appels à la solidarité en tous genre lancés par des artistes blindés, la fameuse France Black Blancs Beurs de 1998, comme celle de « je suis Charlie » doit faire preuve d’unité, ou comme le dit si bien le Président Macron, « faire preuve de Nation ».

Aux « Poilus » de monter au front ! Pour mourir dans les tranchées se sont toujours les mêmes, qu’on les appelle travailleurs, ou derniers de cordée, se sont ceux que l’on méprise et qu’on envoie mourir pour « la bonne cause ». Pour leur donner du courage, Arnault et ses amis du CAC 40 n’offrent pas un coup de gnole mais promettent quelques milliards. Cet argent qui n’existait pas lorsque l’on débattait sur la nécessité de sauver le service public et sur la réforme des retraites, est tout à coup opportunément retrouvé et va servir à calmer la grogne en versant quelques hypothétiques primes.

Depuis le mois de janvier, les personnels hospitaliers sont en grève pour alerter sur les fermetures de lits, les manques de moyens humains et matériels, des salaires trop bas, dans l’indifférence quasi générale, notamment celle des médias.

Avec notre syndicat, la CGT, nous avons battu le pavé pendant plusieurs mois pour dénoncer la casse du service public, amortisseur social indispensable en cas d’accident de la vie ou de catastrophe comme nous la vivons depuis plusieurs semaines. Les mêmes qui parlent de solidarité aujourd’hui nous parlaient alors de prise d’otages.

Mais le problème est plus profond, force est de constater que ce système mondialisé dominé par le « tout fric » montre ses limites et n’en déplaise à ceux qui veulent nous faire passer pour de doux rêveurs, la remise en cause du système libéral basé sur l’exploitation des femmes et des hommes pour construire une société ou l’humain est au centre est bien d’actualité.

Qu’ils soient cheminots, travaillant chez Engie ou Amazon, qu’elles soient caissières à Carrefour ou qu’ils distribuent les journaux, qu’ils ramassent les poubelles ou soignent les malades, il va falloir que les « sans dents » montrent les crocs.

La solidarité, oui ! Celle entre le public et le privé, celle entre les salariés et les privés d’emplois, celle entre les étudiants et les retraités, une solidarité et une unité pour construire une société juste faite d’égalité et de fraternité.

Le gouvernement, avec le Medef, préparent, à n’en pas douter l’après Coronavirus. A l’assemblée nationale comme au Sénat, toutes les propositions faites par les groupes PCF et FI pour que l’effort de « guerre soit financé par les plus riches sont rejetées. Contrairement à ce que nous martèlent les médias, c’est bien les plus vulnérables qui vont payer l’addition, ceux qui travaillent sans masques, ceux qui sont au chômage partiel, ceux qui vivent dans la rue, les précaires… Pire, cyniquement, le gouvernement et ses alliés préparent l’après en profitant de la situation pour casser un peu plus le code du travail. Congés payés imposés par les patrons, heures de travail pouvant aller jusqu’à 70 heures par semaine !

Les propos de Donald Trump expliquant que quelques milliers de morts ne sont pas une raison pour bloquer l’économie du pays ont été très critiqués sur les ondes. Mais le Président yankee dit tout haut ce que le système capitaliste applique tout bas. Et dans les faits, les politiques menées depuis des années dans notre pays n’est pas autre chose.

« Nos jeunes » que l’on a quelques fois du mal à mobiliser s’inquiétaient de la disparition future de notre planète du fait d’une mondialisation à outrance et d’une course au profit toujours plus grande mais ils ne se doutaient pas que la sixième puissance mondiale ne serait pas capable de leur fournir un masque pour leur sauver la vie.

Le Président Macron et ses valets répètent à chaque prise de parole que nous sommes en guerre. Dont acte, préparons dès à présent l’après guerre. Nos aïeux n’ont pas attendus la fin de la guerre pour écrire ce qui deviendrait le programme du conseil national de la résistance, soyons prêts à exiger « après guerre » l’application d’un projet ambitieux qui nous fasse encore croire à des « Jours heureux*».

*Les jours heureux est le programme adopté dans la clandestinité par le Conseil National de la Résistance, le 15 mars 1944

Voici quelques liens permettant d’avoir un autre éclairage sur la situation que celui donné par les chaînes de télévision et la majorité des quotidiens. Saluons le fait qu’un certain nombre d’interviews soient réalisées par notre ami et camarade Franck Cartelet pour l’Humanité.fr

audiens-se-mobilise-pour-les-journalistes-pigistes.html

les-journalistes-precaires-ne-doivent-pas-faire-les-frais-du-covid-19/

SGLCE-CGT-Distribution-presse-Situation-exceptionnelle-mesures-exceptionnelles-financement-exceptionnel-20-mars-2020.pdf

Depuis-plusieurs-mois-lhopital-public-nous-alertait-du-danger

coronavirus-nos-reponses-vos-questions

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