Bulletin Photograveur juin 2007 N°3

Bulletin Photograveur juin 2007 N°3

 

Édito Par Jean-François Ropert

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Il court, il court Sarkosy, Sarkosy et son premier ministre, ils courent, ils courent… Le nouveau président de la République soigne sa « com », en short ou en costume, à vélo où sur un yacht, à Malte, Brégançon, Cannes, St Trop. ou l’Elysée, l’ancien vibrionnant ministre de l’Intérieur passe la rampe. « 24 heures Sarko », c’est la saga obligatoire des ondes audiovisuelles. La « Sar’com » s’occupe de tout. L’un de ses premiers objectifs est de débarrasser le nouvel élu du passif des droits de succession. Tout d’abord, l’héritage politique. Le candidat de l’UMP a mené sa campagne sur la rupture politique avec le gouvernement dont il fut le numéro 2. Les français ont pu vérifier rapidement les changements dans la composition de son premier gouvernement. Fillon Premier ministre et Juppé Le numéro 2. Manque à l’appel Balladur, le géniteur, et nous avions la réforme des retraites du privé, du public et les régimes spéciaux en un. Quant à Mme Simone Veil, créatrice de la loi sur l’IVG et combattante pour le respect des femmes, elle s’est vue remplacée par la grande prêtresse Christine Boutin, une manière d’exorciser une rupture menant vers le social. Ensuite, l’héritage de classe. Dans sa famille sociale, le président n’a pas de héros. Ou bien ils sont tour à tour, de Thiers à Pétain, antirépublicains, anti-Dreyfusards, croix de feu, liguistes et pétainistes. Le legs historique de la grande bourgeoisie c’est aussi « mieux vaut Hitler que le front populaire ». C’est Pucheu, éminent représentant du patronat des Forges, ministre de l’Intérieur de Pétain qui choisit en 1941, 27 noms. 27 hommes pour être fusillés par les nazis à Chateaubriant. Pucheu, c’est la droite bourgeoise revancharde contre le Front populaire, les congés payés, le PCF, la CGT. A travers Pucheu, c’est toute une classe sociale qui livre aux nazis 27 héros dont 26 étaient communistes, élus, responsables et syndicalistes CGT. Guy Môquet était l’un de ceux là, il avait dix sept ans et demi. Alors monsieur le Président, vous avez raison, la lettre de cet adolescent à sa mère, face à la barbarie, doit être lue dans les écoles primaires et secondaires. Votre rendez-vous sur le plateau des Glières montrait votre sensibilité pour ses femmes et hommes qui ont payé de leur vie, leur amour de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité. Leur mémoire est un patrimoine universel. Alors pourquoi ? Quelles raisons poussent Sarkosy à mettre en place une politique qui a conduit la société de l’entre-deux-guerres à la grande crise de 29-30. Une récession qui fit le lit du nationalisme et des bourreaux de Guy Môquet. Une crise structurelle due à la suraccumulation du capital d’un côté et de l’autre à des économies sur les salaires, le travail et les dépenses sociales. Une situation démographique semblable aux deux périodes. Une population qui décroît et vieillit, conséquence de la guerre de 14-18 pour l’une, du « papy-boom » pour l’autre. Pour quelle cause M. Sarkosy prononce l’oraison funèbre du système de sécurité sociale ? Un plan construit par les forces de progrès issues de la Résistance et mis en place par le ministre communiste Ambroise Croizat. Votre « franchise » appliquée sur les médicaments est une première étape du plan Medef visant à l’ouverture du « marché de la santé », aux assurances privées, et rompt avec les principes d’universalité et d’unité du système de sécurité sociale créé à la Libération. Dans quelle intention, la « Sar’com » fait main basse sur l’information ? Alors que le Conseil national de la résistance souhaitait une réforme de l’entreprise de presse afin d’obtenir des garanties pour que les journaux soient libres à l’égard du gouvernement et à celui des puissances de l’argent.La « Sar’com » a pris le pouvoir Du licenciement de Genestar au départ de Colombani, la « Sar’com » a pris le pouvoir médiatique et ce, bien avant le 6 mai 2007. Les Lagardères, Dassault, Bouygues et autres Bolloré veillent à leurs intérêts de classe et n’ont « que faire » d’une information responsable et démocratique. Penser qu’on pourrait demain leur délivrer un label social… Mais voilà, monsieur le président, l’héritage, les acquis sociaux conquis de hautes luttes par les salariés ne se dilapident pas. Le rouleau compresseur de la « Sar’com » va se rendre compte qu’il existe des milliers de salariés, retraités, étudiants, associations, syndicats, qui s’opposent à la destruction de tout ce qui touche au progrès humain. Des hommes et des femmes qui résistent. Monsieur le président, demain, Guy Môquet et ses camarades seront toujours des héros.

 

Sommaire

Page 1 : L’édito de Jean-François Ropert
Pages 2, 3, 4 et 5 : Le Grand Dossier
Pages 6 et 7 : Brèves
Page 8 : Le billet de Gilbert

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