Notre camarade Frédo Gerson nous a quitté

Chers camarades, les obsèques de notre camarade Frédo Gerson ont eut lieu le mercredi 21 novembre 2018, à 10h45 au cimetière Bagneux. Notre section était représentée par Gilbert Bonhomme, Laurent Bouyrie, et Hervé et Jean-François Ropert.

Un Hommage (ci-dessous) a été rendu par Patrick Le Hyaric, Directeur de l’Humanité et député européen.

Hommage de Hervé Ropert à Alfred Gerson PDF

Discours d’hommage de Patrick Le Hyaric à Alfred Gerson PDF

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Biographie (Source Maitron)

GERSON Alfred [SEPSELEVICIUS Alfred, nom d’usage GERSON Alfred, dit Frédo]

Né le 21 juillet 1928 à Paris (Xe arr.) ; ouvrier coiffeur, ouvrier du textile et de la chaussure puis fraiseur ; militant communiste de Paris ; responsable clandestin de La Voix du soldat auprès du Parti communiste algérien (1955-1957) ; membre du secrétariat de la fédération de Paris (1966-1977) , responsable dans l’administration de l’Humanité.

Ses parents d’origines juives lithuaniennes étaient naturalisés depuis 1930. Fils d’un artisan coiffeur qui se faisait appeler Gerson, Alfred Sepselevicius titulaire du CEP, travailla d’abord comme ouvrier coiffeur chez son père. Membre de l’UJRF depuis août 1945, il se syndiqua à la CGT et adhéra au PCF en 1946. Après son service militaire, effectué entre fin 1948 et fin 1949 en région parisienne, comme caporal dans l’infanterie, il travailla à Paris comme manœuvre dans la chaussure chez UFER puis comme coupeur en confection à la société Wudka.
Dès 1950, il employait le nom d’Alfred Gerson dans le questionnaire biographique rempli pour le PCF. Il avait suivi une école fédérale UJRF en septembre 1946 et juin 1948, une école de section communiste en avril 1948 et une école fédérale en novembre 1948. Membre du comité de la section PCF du XVIIIe arrondissement, il entra au secrétariat en 1950. René Caze, secrétaire de la section, le voyait alors comme un « camarade dévoué, réfléchi, ayant un bon sens politique. Sait orienter et impulser l’UJRF ». En 1951, il repassa au comité de section, se consacrant à la direction de l’UJRF du XVIIIe, en remplacement de Jean Gajer*, appelé à son tour au service militaire. Dans le XVIIIe, Alfred Gerson se chargea en particulier de la propagande en direction des soldats, en lien avec les responsables du PCF, autour de Jacques Duclos. Le travail du PCF et de l’UJRF mené durant plusieurs mois en direction de la caserne de Clignancourt conduisit à l’arrestation de plusieurs jeunes militants comme Jean Ellenstein* et Jean Gajer* et culmina notamment dans la manifestation du 27 février 1950. Tout en continuant de militer dans sa section, Alfred Gerson fut plus particulièrement chargé du travail dans l’armée. Une note de septembre 1952 indique qu’il accepta de se mettre à la disposition du parti, vraisemblablement pour suivre ces questions, sous la direction de Raymond Guyot*. À cette époque, Louis Baillot le présentait comme un « excellent camarade, faisant preuve d’un grand esprit de parti et de combativité » et destiné à « devenir un bon cadre du Parti. » Il fut chargé de la 1re région militaire qui couvrait plusieurs départements et de l’appareil de diffusion de Soldat de France (stockage, transport, réseau de points de chute, repérage des militants communistes faisant leur service). Au cours de cette période, il fit un apprentissage de fraiseur et sortit P3.
En juin 1955, la direction du PCF lui proposa de se rendre en Algérie pour continuer ce travail clandestin auprès des soldats du contingent. Séparé de sa femme et sans attache familiale, Alfred Gerson accepta et rencontra Léon Feix* et André Moine*, secrétaire du Parti communiste algérien pour préparer son départ. Il arriva à Alger le 20 juillet 1955, deux mois avant l’interdiction du PCA. Utilisant son nom de naissance, il se fit embaucher comme fraiseur à l’usine Blachette d’Hussein-Dey, près d’Alger, et habita au centre d’Alger face à l’amirauté, chez une logeuse ouvertement Algérie française. En liaison avec André Moine, Lucien Hanoun*, membre du bureau de la Fédération d’Alger du PCA et ancien responsable de la diffusion de Liberté, l’hebdomadaire du PCA, assura la rédaction des tracts et des 17 numéros de la Voix du soldat. Pour sa part, Alfred Gerson, surnommé Frédo, en assura l’intendance et la circulation dans le réseau, sans cesse à recomposer, des noyaux de militants et de membres clandestins du PCA. Les trois responsables se réunissaient tous les mois à Alger et Alfred Gerson revint plusieurs fois en France pour rendre compte de son travail auprès de Léon Feix* et pour donner son appréciation de la situation algérienne. La Voix du soldat renonçait à transposer le patriotisme du titre français (Soldat de France) mais il ne s’adressait qu’aux appelés français. Le premier numéro sortit en septembre 1955, le dernier en novembre 1956 ; le tirage, inégal selon les numéros, fut au grand maximum d’un millier, distribués dans les trains, quelquefois entrés dans les casernes à Alger et à Blida, à quelques dizaines d’exemplaires pour une armée de plusieurs centaines de milliers de soldats. Toutefois les bureaux de surveillance militaire et le général Massu restaient inquiets devant les deux pages du journal régulièrement saisi.
L’arrestation de Lucien Hanoun en novembre 1956 entraîna la disparition du journal. Alfred Gerson parvint à rester dans la clandestinité jusqu’en mars 1957. C’est alors que commença l’instruction du procès de La voix du soldat. Arrêté, il fut conduit à la villa Sésini, le centre de tortures, puis emprisonné à Barberousse et Maison-Carrée avant de rejoindre le camp de Lodi. En détention, Alfred Gerson n’était connu que sous son nom de naissance, imprononçable à l’appel du courrier, selon son camarade de prison Christian Buono*, « logeur » des communistes clandestins à Alger. Méconnaissant le rôle exact d’Alfred Gerson, le tribunal militaire condamna donc Sepselevicius à 18 mois de prison, en novembre 1958, tandis que Lucien Hanoun et André Moine étaient respectivement condamnés à quatre ans et cinq ans de prison. Ayant déjà passé 19 mois en détention, Alfred Gerson fut envoyé pour deux semaines au centre de tri de Beni Messous, puis finalement expulsé vers Paris. Selon Élie Mignot, Raymond Guyot* rendit hommage au rôle d’Alfred Gerson à l’occasion d’un meeting.
De retour en France, Alfred Gerson reprit place dans l’appareil du PCF. Il redevint secrétaire de la section la Chapelle-XVIIIe et en 1960, il était permanent du CDLP. Devenu membre du secrétariat d’arrondissement, il fut élu au comité fédéral PCF de Paris le 24 juin 1962. Réélu en mai 1964, il se consacrait au comité de Paix du XVIIIe et suivit une école centrale de quatre mois d’octobre 1964 à février 1965. Selon les évaluateurs ses « nombreuses interventions étaient judicieuses » et il se confirma comme un militant appelé à remplir des responsabilités nouvelles.
À partir de juin 1966, Alfred Gerson siégea au secrétariat de la fédération de Paris, sous la direction de Paul Laurent puis, à partir de 1971, d’Henri Fiszbin*. Il y retrouva Jean Gajer* et côtoya entre autres Guy Fuléro*, Jean-Marie Argelès* ou Rolande Perlican*. À la tête de la fédération parisienne, Alfred Gerson se chargea plus particulièrement des questions de propagande. La fédération proposa sa candidature au comité central à l’occasion du XXe congrès, en 1972, mais il ne fut pas retenu. En septembre 1974, il rendit compte dans les Cahiers du communisme du déroulement de la campagne « à cœur ouvert » dans la fédération de Paris et plus largement des objectifs du développement des effectifs du PCF dans la capitale. Cette campagne signalait déjà la démarche autonome de la direction parisienne, mais Alfred Gerson ne fut pas partie prenante dans la crise de la fédération de Paris qui se développa dans les années suivantes. Devenu administrateur adjoint du journal l’Humanité en juin 1976, il ne fut pas réélu au comité fédéral en juin 1977.
Comme « éditeur » clandestin, permanent du CDLP ou responsable de la propagande à Paris, Alfred Gerson avait été confronté aux enjeux de la presse et de sa diffusion. Il avait également participé à l’intervention de la fédération parisienne dans le conflit du Parisien libéré en 1975-1976. Il se consacra entièrement à ces questions dans l’administration de l’Humanité et de l’Humanité-Hebdo, en particulier dans la période difficile des années 1990. Membre de la Société nouvelle du journal l’Humanité (SNJH), il siégea à son conseil de surveillance à partir de 1999 et lors de la recapitalisation de 2001, il prit la direction de la Société Humanité Investissement Pluralisme, constituée avec des investisseurs privés (TF1, Lagardère, Caisse d’Epargne) et désormais détentrice de 20% du capital du journal. Parallèlement, Alfred Gerson occupa diverses responsabilités dans les organisations professionnelles. Engagé dans le Syndicat professionnel de la presse magazine et d’opinion (SPPMO), il en fut président par intérim en remplacement de Georges Montaron* de décembre 1994 à mars 1995, il en était toujours vice-président en 2009. Au titre du SPPMO, il siégea à la commission paritaire des publications et agences de presse et à l’Observatoire des tarifs postaux de transport de presse. Il fut également membre du Conseil supérieur des messageries de presse (CSMP), gérant de la Coopérative des quotidiens de Paris et vice-président de la Commission des affaires postales de la Fédération nationale de la presse française (FNPF).

Notre section adresse ses plus sincères condoléances à laurent et à ses proches

 

 

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