Bulletin Photograveur février 2013 N°16

Bulletin Photograveur février 2013 N°16

 

Édito Par Jean-François Ropert.

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L’édito de notre publication de septembre 2012 faisait dire à un lycéen “…Mais on pourra être au chômage si on n’est pas compétitif ! Y a même un syndicaliste qui a dit qu’il fallait baisser le coût du travail,…Celui avec un cheveux sur la langue”. Ça n’a pas échappé à votre sagacité, le syndicaliste en question était François Chérèque. L’ex-secrétaire général de la CFDT, nommé à l’inspection générale des affaires sociales sur proposition des ministres Marisol Tourraine (affaires sociales) et Michel Sapin (travail) et chargé par le premier ministre de surveiller le plan de lutte contre la pauvreté. Dans le même temps, l’homme est devenu président du cercle de réflexion du Parti socialiste, Terra Nova. Avec l’arrivée de Laurence Laigo, ex-secrétaire nationale de la CFDT, comme conseillère de la ministre et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, ce n’est pas une courroie de transmission entre la centrale syndicale et le gouvernement, c’est du téléportage. Dès lors quoi de plus logique que la CFDT, sur incitation gouvernementale ait signé avec son partenaire social privilégié, le MEDEF, l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la sécurisation de l’emploi, plus justement, l’ANI sur… la garantie de pouvoir licencier facilement, flexibiliser et soumettre salariés et chômeurs au chantage à l’emploi. Quelle notation sociale donnera à cet accord Nicole Notat, la devancière de Chérèque à la tête de la CFDT, présidente du club “Le Siècle”, où devisent industriels, financiers, politiques et journalistes. Nicole Notat est aussi missionnée par la ministre déléguée chargée des PME.

 

L’ ANI conclu par le MEDEF, la CFDT, la CGC et la CFTC met en place, suivant l’analogie “compétitivité/emploi” déjà avancée par Sarkozy, toute une série de mesures visant à détruire les droits des travailleurs au profit du patronat. Entre autres d’offrir à ce dernier la possibilité de modifier les conditions de travail (temps et lieu), baisser les salaires, licencier rapidement en se constituant une véritable immunité judiciaire. Ce modèle économique et social, qui n’est ni plus ni moins qu’une extension du capitalisme dans sa version libérale, va accentuer les inégalités, élargir le fossé entre les classes sociales et encore réduire le pouvoir d’achat.

 

Des idéologues et économistes libéraux ou sociaux-démocrates nous vanteront comme ils le faisaient déjà dans les années 80-90 avec l’actionnariat salarié, que le “low cost” est la réponse stratégique pour pallier cette affaissement de la consommation, et une source de développement pour investir le créneau de la pauvreté invasive. Du tourisme au hard discount alimentaire, de la culture à la santé, le modèle “low cost” serait une alternative au recul du pouvoir d’achat. Rien n’est joué

 

En réalité, il nourrit la précarité, la pauvreté et entretien l’inertie de la croissance. La viande avariée, les scandales des médicaments, la mort d’un bébé faute de place dans une maternité, les délocalisations, le travail des enfants, mais aussi les licenciements de Good Year, Unilever, PSA, Presstalis…sont les stigmates de ce modèle économique et social. Celui-ci ne peut se développer qu’en supprimant les règles sociales et environnementales. Un seul commandement : réduire les coûts du travail (salaires), augmenter la rentabilité du capital et multiplier les dividendes. Le projet de loi construit à partir de L’ANI que veulent imposer le triumvirat du MEDEF, de la CFDT et du gouvernement s’attache à instaurer ce reflux social.

 

Le mardi 5 mars 2013, la CGT et FO, rejoints par la FSU appellent l’ensemble des citoyens qui refusent l’avenir d’une vie “low cost” et veulent rompre avec la logique de régression sociale à exprimer leur opposition au projet de loi en direction du gouvernement et des parlementaires.

 

ENSEMBLE NOUS L’EMPORTERONS

 

 

Sommaire

Page 1 : L’édito de Jean-François Ropert
Pages 2 à 6 : Le dossier
Pages 7 et 8 : Actualités
Page 9 : Ne nous fâchons pas
Pages 10 et 11 : Brèves
Page 12 : Le billet de Gilbert

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